approximation


Celui là n’est que pour toi.
20 July, 2008, 6:11 pm
Filed under: TEXTES EFERNO

Eferno:

Il y a de l’eau dedans qui déborde,

De l’eau qui ne coule pas, se solidifie en glace

De l’eau noire qui traverse les espaces où chacun se reflète

Au milieu existe quelque chose qui n’est pas.

Et au milieu se passent les choses qui n’arrivent pas. Ou autrement, ou ailleurs

Qui voudraient arriver mais miroitent seulement de vouloir advenir.

Dans l’eau du possible qui est vapeur d’eau.

Brume légère et brûlante où se perdent les oiseaux

Plumés et rôtis ils en sortent juteux

Mais ne peuvent voler plus que dans les plumes des fâcheux.

Foutaises.

Les oiseaux sont morts

L’eau ne coule qu’au-dedans,

Y a-t-il un dehors qui ne soit plein de « sans » ?

Avec.

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AU DEBUT/2
5 May, 2008, 8:46 pm
Filed under: TEXTES EFERNO

Mes bras devant moi, j’avance et je recule contre un mur, j’avance et je recule contre le même mur, j’avance et tourne et passe à travers le rectangle d’une porte qui était ouverte et que je n’avais pas du voir, ce qui est inquiétant quand j’y pense, pas longtemps, mais c’est peut-être le cas de tout le monde. Je ne vois personne. J’oublie.

Dans l’espace gauche de mon champ de vision, rien n’apparaît, et je prédis qu’il va y avoir forcément quelque chose. Je sais faire ça moi – je sais faire.

Il y aura très bientôt quelque chose avec moi.

C’est un peu comme attendre une livraison, penser au riche avenir. Se jeter en avant.

Dans l’espace gauche de mon champ de vision, j’en apprendrai plus. J’y verrai des santons, ce sera toujours noël. J’ai aussi oublié comment je sais ça.

Je sais aussi qu’il va falloir que je trouve mon chemin. Pas question de déambuler, ce n’est pas une promenade. Je ne connais pas de dimanche et je ne sais comment faire pour aller nulle part. Autant voyager. Mais je ne suis pas sûre. Je regarde partout et sans cesse, en haut, en bas, à droite et à gauche. Je me retourne souvent et tourne sur moi-même emportée par … non, rien, je tourne, je tourne. Je circule.

Mes déplacements créent une chorégraphie périphérique.

J’ai besoin d’être sûre que rien n’en profite pour changer.

Quand je ne regarde pas.

Je ne peux pas garder l’œil sur tout. Trop de choses me sollicitent dans ce presque vide.

Un long couloir. Deux bandes autour de moi. Tout contre. C’est étroit. J’aime les couloirs. Je crois que je les aime, oui.

Je n’en suis pas sûre… Est-ce comme ça pour tout le monde ?

Lorsque le faisceau de mon regard est dirigé ailleurs, à repeindre un autre endroit, le couloir rapetisse. C’est une certitude.

J’avance tout de même. Je ne saisis pas les demi mesures, j’ai besoin de notes exactes et qu’on hausse le ton.

Je fais ce que je veux. Je veux quoi moi ? Jamais.

Je scrute, je dissèque, j’avance avec les bras devant. Des couloirs, des pièces, des endroits me dira-t-on, plus tard. On me l’a dit avant. On a du, car je le sais.

J’avance donc, un pas après l’autre, nuque raide, bras tendus. Je pourrais effectuer quelques mouvements de brasse en suivant une frise murale à hauteur d’une ligne de flottaison.

Je le fais.

Soyons fous.

Tête sous l’aisselle, mouvement du coude qui remonte. Puis bras qui tombe en tranchant l’air. Si fort, si fort qu’il en paraît épais (l’air). L’air de rien, je nage en marchant.

Mon reflet m’apparaît très souvent sur des murs sans miroirs. Je clignote. Je m’allume et m’éteins comme une lampe. Le son est celui d’un néon qui tarde à fonctionner. Un crépitement triste, qui parle déjà d’ombre. La promesse de flancher.

Dans les fenêtres que je croise, des messages s’inscrivent à mon attention. C’est pour moi, rien que pour moi, pour moi et pas pour tout le monde ?

Je n’en perçois pas le sens, mais il faut que ce soit des indices. Non ? Sinon, pourquoi ? Sinon, à quoi bon, ça doit dire quelque chose. Ça doit parler. Des exigences doivent être formulées d’une façon ou d’une autre.

Mais ça doit être pour tout le monde pareil.

VOUS ÊTES ICI.

S’il n’y avait ce sentiment…comment déjà? Obscur, s’il n’y avait ce sentiment obscur, une démangeaison, un truc qui gêne, un vide, un point de détail. Tout irait bien je crois. Tout irait comme sur (une boulette?).

Je crois que j’ai déjà fait ça je crois, et si j’avais déjà tout fait ?

Réussi ou raté ? Bien ou mal ? Suis-je déjà venue ? A la fenêtre, le paysage est totalement incohérent.

Ça va me revenir, ça va me revenir, je me suis promise ça un jour – ça s’en va – de revenir – et ça revient – que ça revienne. Je me suis promise de me souvenir aussi. C’est comme ça. Je ne vais pas m’abandonner. Je continue. Il faut que je raconte. Tous les jours on me tue.



Temps réel
9 April, 2008, 1:32 pm
Filed under: TEXTES EFERNO

D’évidence, je ne suis pas fréquentable, le meilleur est ailleurs, l’ordonné, le conçu, l’énoncé clairement comme ils disent. Je rigole.

Je suis ce qui reste.

En tête de gondole, rien sur les rayons.

 

Egogodanseur, ça danse foule dans ma tête.

Du monde, pas de balcon qui convienne

 

Là, je ne vais pas vous mentir, on est dans la forêt.

La forêt ou la jungle, ou j’aime à surgir comme le lion.

Le bruit des insectes sourd. Ça se dit. Sourdre.

Je mens, je mens tellement. Des cessions ciblées.

Je balance ma tête entre les hautes herbes

Et le ciel n’existe pas

Sur les podiums, les modèles font signe

J’ai tout un tas d’amis

 

Là, on est dans la fôret, ça mousse, vert et au naturel.

Je raffole des sous menus

 

Egogodanseur, ça danse foule dans ma tête.

Du monde, pas de balcon qui convienne

J’ai peur qu’il fasse tout blanc, j’ai si peur que je ne crains plus rien

Si peur que tout me tue.

Etat de l’ami – temps réel – forcer le soleil

Je ne comprends rien à tout. Rien ne tient.

 

 

Près de la forêt, c’est l’autoroute,

Foule qui s’ensuit, un bruit d’enfer.

Attention, chute d’animaux,

Là aussi, j’aime à surgir mais comme le cerf

qui fend les bois.

Une surprise. Une livraison. Retombée de choses nues.

Pas d’autres sons. Il ne faut pas raconter d’histoire

Parce qu’à la fin tout le monde meurt.

 

Sur l’autoroute, une armée de cygnes

Creusent un sillon, en défilant

Sous le goudron, quelque chose crie

Des images font flux, mais rien ne tient.

 

Etat de l’ami – temps réel – forcer le soleil

Eblouir les étoiles, vomir le firmament, tatouer le mot fin sur un cochon fluorescent.

Pas de mieux.

 

Mini messages, maxi profits, je ne fais pas le maximum.

Je vois partout des correspondances, dix pour cent de cohérence gratuite.

Stabilisé – en hausse

 

Egogodanseur, ça danse foule dans ma tête.

Du monde, du monde,

pas de balcon qui convienne



AU DEBUT
20 February, 2008, 1:07 pm
Filed under: TEXTES EFERNO

Je me suis réveillée comme ça. Je me suis réveillée comme ça – debout – immédiatement – comme ça, dans un réduit sans issue. C’est peut-être ce qui arrive à tout le monde ? Autour de moi : personne. C’est le désert. Pas de chameaux, mais de la moquette sable.

J’ai du avoir une absence (je me suis cognée), un défaut de conscience (je me suis cognée encore) en essayant de sauter. J’ai eu comme un trou, (en essayant de sauter sur les murs, tout droit). Il n’y a rien de particulier à décrire et tout paraissait plat. Une fenêtre suspendue au mur, l’amorce d’un paysage extérieur. A droite ,une bifurcation dans la pièce forme un L.

Un bloc de rangement.

Des choses par terre.

Comme des taches qui scintillent, comme ça.

A l’horizon (proche), le sol monte vers le mur. Plus exactement, le sol remonte contre le mur car du ciment s’est accumulé dans l’angle que forme la jonction entre un sol de moquette et un mur de plâtre gris. Cela forme un pan diagonal lisse qui monte, monte.

Dans le coin, Il s’agit plutôt d’une petite montagne qui épouserait l’angle de la pièce. Qui monte, monte. (Pardon, je l’ai déjà dit). Je m’avance. Je saute et dérape, je saute et je dérape. Je saute et dérape.

Je ne sais pas pourquoi je fais ça – Je saute – Un aspect de moi déconne sans doute – Je dérape – Une part de moi tient à s’écraser dans l’angle du mur – je saute – de s’y mouler peut-être – je dérape. Zouip. Le petit triangle qui joint les angles est un podium qu’il me faut gravir, je saute, hop, même s’il n’y a pas la place pour que j’y tienne, je dérape. Une petite plate forme qui coupe en biais l’arête de la pièce. A quoi bon, zouip.

Quelqu’un a coupé une tranche d’espace et colmaté grossièrement son forfait ?

Au fond à travers, ça me glisse, me suggère que je perds mon temps ici. Je n’entends rien. J’ai un travail ici, je ne sais pas encore exactement lequel, mais cela a à voir avec des cartes et des images, des déplacements, des étapes, un truc à faire. Ici.

Une chose après l’autre.

Comme une liste de points.

Il y a des chances pour que ce soit comme ça pour tout le monde.

Mes attributions peuvent manquer de clarté. Je saute en arrière, mes cheveux ont du mal à suivre, ils se balancent et rebondissent, rattrapent le retard dans un souffle. Lenteur déplaisante. Je suis un peu écœurée. Je m’accroupis le temps que la nausée passe, et je rampe, comme ça, pour essayer.

Je rampe et ça fait le même bruit. Zouip.

Je me relève et comme ça, hop, juste pour essayer, je fais un saut périlleux arrière et je me reçois parfaitement. Dingue.

Parfaitement.

Je vous le dis.

Quant à savoir si c’est comme ça pour tout le monde.

Je dois pouvoir sortir d’ici. J’ai un travail, un rôle à jouer. Une mission. Quelque chose. Je ne suis pas sans rien. Non, non.

Me dira-t-on comment sortir d’ici?



Fleur de parole
12 February, 2008, 7:20 pm
Filed under: TEXTES EFERNO

J’ai un point de vue sympa à travers vous tous, là.
Si, si. Comme au ski je slalome zouip, zoouip, fiiiishhhh… zouip, zoouip, fiiiishhhh… Zouip.

Je m’étends, me répand, me contracte à nouveau.
Je pulse comme un coeur. Je vous embrasse, me dissous et me reforme. Ça hurle à l’intérieur. Vous l’ai-je dit déjà ?

Je joue avec les jouets que vous avez oubliés quelque part. Jadis.
Ceux dont vous ne vous souvenez plus.
Ceux qui étaient moches – je tiens à vous le rappeler – J’aimerais vous éviter le leurre, les niaiseries type :
- Quel joli chienchien – Une joulie poupée – c’était si mignon.

Des saloperies en peluche. Des horreurs mousseuses, aux cheveux ternis, couleur renard crevé sur la route. Des produits de taxidermistes. Rats dans la vitrine du dératiseur. Dé-gueu-lasse.
J’aimerais vous le rappeler. Je n’oublie rien. C’est tout vous dire. Je ne peux pas mentir.

Je vis des assemblages un moment constitués par vos désirs de progrès. Vous vouliez du mieux. Ajouter des étages. Jamais mourir. Je ris de vos essais d’ordonner un monde fait d’objets – inutiles et laids. Je ris aussi lorsque c’est beau, puisque vous ne vous aimez pas alors.
J’aime à créer des combinaisons – sentiment perçant d’une unité manquée. Rapprochements furtifs, sans contacts. Je me fais lentille ou prisme.
Je suis la poudre qui brille au soleil, le rayon qui darde, une muse dans la gueule, un manquement au manque.

Et je voyage, j’en vois des orées, du paysage, du vert jamais trop mûr. Je troue les forêts d’une conscience à l’autre et cherche à quitter ces petites boîtes nauséabondes. En vain. Pour changer.

Je rampe sur les mailles du filet, dire aussi, sur la viande du gruyère – Je fais flux. Une pensée de vos pensées. Une fleur de parole.

Je serais né à la piscine entre vos corps flottants en vue d’évacuer des colères dérisoires à grandes brassées. Je serais né dans le grand bain du souci de soi. On dirait.

Ne vous méprenez pas.
Je ne suis pas non plus ce qui écrase votre tube de dentifrice, ni ce qui oublierait de rabattre le couvercle spleen. Le genre idéal.
Je ne suis pas vos vacances ordinaires, à peine vos oublis, je peine à exister de vos peines. J’ai du mal, moi aussi.

Mais je suis avec vous.
Il faut faire avec.
Je suis ce qui vous lie.

Vous ne savez pas faire.

Pourtant, je crois avoir un point de vue sympa à travers vous tous, là. Si, si. Comme au ski je slalome zouip, zoouip, fiiiishhhh… zouip, zoouip, fiiiishhhh… Zouip.
Je m’étends, me répand, me contracte à nouveau.
Je pulse comme un coeur. Je vous embrasse, me dissous et me reforme. Ça hurle au-dedans. Vous l’ai-je déjà dit ?